Le S&P 500 termine la semaine en repli d’environ 0,8%, malgré un net rebond vendredi de près de 1% qui a permis de rompre une série de quatre séances consécutives de baisse. L’indice a été sous pression une bonne partie de la semaine, tiré vers le bas par la flambée du pétrole et la remontée des taux obligataires, avant qu’un chiffre d’inflation conforme aux attentes ne vienne rassurer les investisseurs en toute fin de semaine, à cinq jours de la décision de politique monétaire de la Réserve fédérale.
La situation géopolitique : les houthis resserrent l’étau
Après plusieurs frappes américaines visant des pétroliers iraniens, le Brent a dépassé pour la première fois depuis début mai la barre des 110 dollars le baril :
La pression s’est encore accentuée lorsque les rebelles Houthis, alliés de l’Iran basés au Yémen, ont ouvert un second front en capturant le port yéménite de Mokha, puis l’île de Perim, qui contrôle l’entrée sud de la mer Rouge par le détroit de Bab el-Mandeb :
Cette route est justement celle que l’Arabie saoudite utilise pour exporter une partie de son pétrole depuis que le détroit d’Ormuz est perturbé, et le royaume a d’ailleurs annoncé avoir fermé par précaution un oléoduc majeur après une attaque. Avec deux points de passage stratégiques du pétrole mondial désormais sous tension simultanée, le marché redoute une pression durable sur les approvisionnements et donc sur les prix.
Ces évènements continuent de renforcer notre conviction dans notre stratégie qui consiste à miser sur deux grands secteurs : pétrole/énergie et IA. Nous avons en portefeuille des sociétés qui devraient très bien performer dans les prochains trimestres si le pétrole reste aux niveaux actuels.
Le front de l’inflation : la BCE resserre les taux
Cette flambée pétrolière ravive les craintes inflationnistes et rapproche la Fed d’une hausse de taux. L’indice des prix à la production de jeudi est ressorti un peu plus chaud que prévu, en partie sous l’effet de la remontée des coûts énergétiques, ce qui a accentué la nervosité des marchés :
L’indice des prix à la consommation d’août publié vendredi a en revanche été jugé plus rassurant, avec une hausse de 0,4% sur un mois et de 3,4% sur un an, exactement en ligne avec les attentes, même si l’inflation sous-jacente est ressortie légèrement au-dessus des prévisions. Résultat, les probabilités d’une hausse des taux par la Fed lors de sa réunion du 15 et 16 septembre sont passées d’à peine 50% en début de semaine à près de 90% vendredi.
Dans le même mouvement mondial de resserrement monétaire, la Banque centrale européenne a procédé cette semaine à sa deuxième hausse de taux consécutive, laissant la porte ouverte à un nouveau geste en octobre, tandis que la Banque du Japon doit se réunir la semaine prochaine avec, elle aussi, une hausse de taux largement anticipée par le marché.
Malgré le fait que marché anticipe fortement une hausse des taux de la FED nous avons des doutes. En effet, l’inflation actuelle est liée à un choc d’offre de pétrole qui fait monter les prix. Une hausse des taux de la FED ne va pas permettre de produire plus de pétrole et ne fera que peser sur une économie qui doit déjà encaisser la hausse des prix du pétrole. Une hausse des taux d’une banque centrale pour contrer l’inflation ne fait sens que lorsque l’économie est en surchauffe. La décision de la BCE est à notre sens totalement déplacée et il ne nous semble pas certain que la FED commette la même erreur.
Par ailleurs, le nouveau président de la FED, Kevin Warsh a été nommé par Trump, or celui-ci ne veut pas de hausse de taux. Cette réunion sera le premier vrai test pour Warsh, va-t-il monter les taux comme l’aurait probablement fait son prédécesseur ou va-t-il surprendre le marché et militer pour une stabilité des taux ? Réponse mercredi !
Dans tous les cas, une hausse de 25 points de la FED ne sera pas suffisante pour casser le cycle économique en cours et remettre en cause notre stratégie. Les grandes sociétés qui investissent dans l’IA ne vont pas stopper leur course technologique pour une petite hausse de taux.
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