Le S&P 500 (indice des 500 plus grandes entreprises américaines) termine la semaine quasiment inchangé, après un mois de septembre en baisse. L’indice a souffert en début de semaine de l’envolée des taux d’intérêt, avant de rebondir d’environ 0,7% vendredi après un rapport sur l’emploi décevant qui rassure le marché face aux hausses de taux potentielles de la FED.
Iran : Washington durcit le ton et le G7 puise dans ses réserves de pétrole
La semaine passée, nous soulignions qu’aucune désescalade n’était en vue. Les derniers jours confirment cette lecture.
Donald Trump a jugé « inacceptable » la proposition iranienne de rouvrir le détroit d’Ormuz en échange de la levée du blocus naval américain. Il a aussi estimé « possible » une reprise des frappes après les élections de mi-mandat du 3 novembre.
Washington envoie un troisième groupe aéronaval et une force amphibie de 2 000 Marines au Moyen-Orient, avec un dispositif complet attendu d’ici novembre selon le Wall Street Journal. Trois navires ont par ailleurs été touchés mardi par des projectiles non identifiés dans le détroit d’Ormuz, selon une agence maritime britannique.
Le pétrole a gagné plus de 4 dollars jeudi à l’annonce de ce renfort militaire. Vendredi, le G7 (groupe des sept grandes économies avancées) a annoncé la libération de 100 millions de barils de ses réserves stratégiques, c’est-à-dire les stocks d’urgence que les États constituent pour faire face à une pénurie. Le diesel sera libéré en priorité dans les 20 premiers jours, le reste s’étalant sur quatre mois. Le pétrole américain a reculé d’environ 2% ce jour-là et termine la semaine en baisse d’environ 1,5%.
À notre avis, cette libération ressemble davantage à un pansement qu’à une solution. Cent millions de barils représentent environ une journée de consommation mondiale, étalée sur quatre mois, et plusieurs analystes soulignent qu’il n’est même pas clair si ce volume s’ajoute aux 426 millions déjà promis en mars. Le choix du diesel s’explique par des stocks américains tombés à un niveau record de faiblesse mi-septembre. Or le diesel alimente les camions, les trains et les engins agricoles, donc sa rareté renchérit tout le transport de marchandises. Nous pensons aussi que le calendrier politique joue un rôle. La popularité de Trump sur l’économie vient de toucher un plus bas et un baril cher est un handicap avant le 3 novembre. Cela pourrait expliquer à la fois cette libération de réserves et le report des frappes éventuelles à après le scrutin. Dans ce scénario, le risque d’une nouvelle flambée se concentre sur novembre, ce qui conforte notre choix de rester exposés à l’énergie.
Micron : des résultats hors normes pour la mémoire de l’IA
Mercredi soir, Micron, l’un des trois grands fabricants mondiaux de mémoire informatique, a publié un chiffre d’affaires trimestriel de 54,2 milliards de dollars, en hausse de 379% sur un an, avec une marge brute de 87%. Il vise environ 61,5 milliards de dollars pour le trimestre en cours, contre 57 milliards attendus par les analystes. L’entreprise indique que l’essentiel de sa production 2027 de mémoire HBM (mémoire ultra-rapide intégrée aux puces d’IA) est déjà vendu à des prix nettement plus élevés. Pourtant, l’action a légèrement reculé après la clôture, les investisseurs s’inquiétant de la hausse des dépenses d’investissement.
À notre avis, ces résultats prolongent le message que nous évoquions la semaine dernière avec le succès de Muse chez Meta : la demande de puissance de calcul et de mémoire ne montre aucun signe d’essoufflement.
Les taux américains au plus haut depuis 2002, puis un rapport sur l’emploi décevant
Jeudi, le taux auquel l’État américain emprunte à 10 ans (le « rendement » des obligations d’État, plus il monte, plus emprunter coûte cher) a touché 5,34% en séance, son plus haut niveau depuis 2002. Sur le seul troisième trimestre, il a progressé d’environ 0,87 point de pourcentage, sa plus forte hausse trimestrielle depuis 1994. Le taux des prêts immobiliers à 30 ans dépasse désormais 7%.
Vendredi, le rapport sur l’emploi de septembre a surpris à la baisse, avec seulement 29 000 créations de postes et un taux de chômage de 4,2%. Les chiffres des deux mois précédents ont été revus en baisse, août passant de 162 000 à 133 000 emplois et juillet à une perte de 10 000 emplois.
Conséquence immédiate : selon l’outil CME FedWatch, la probabilité d’une nouvelle hausse de taux de la Fed (la banque centrale américaine) en octobre est tombée à environ 14% juste après la publication, contre 70% en début de semaine.
À notre avis, ce rapport apporte un répit, comme l’a montré le rebond du SP500, mais il ne règle pas le problème de fond. La hausse des taux longs vient moins d’une peur de récession que d’un déséquilibre entre une offre de dette gigantesque (déficits publics, financement des centres de données d’intelligence artificielle) et une demande qui peine à suivre, le tout entretenu par un pétrole cher.
Comme nous l’avons évoqué dans notre dossier mensuel, des taux élevés sont un risque de volatilité de court terme, mais nous savons déjà quelle sera la réaction de la banque centrale si les taux devaient s’envoler de manière incontrôlée : la création monétaire. C’est un sujet que nous abordons plus en détail dans notre dossier de formation sur l’inflation mais pour résumer, la création monétaire est bonne pour les marchés actions, même si elle ne l’est pas à moyen / long terme pour l’économie.
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