Le S&P 500 termine la semaine quasiment stable, en repli marginal d’environ 0,1%, mais cette apparente tranquillité cache une semaine agitée. Le Dow Jones a perdu plus de 1,5% sur la semaine, pénalisé par les valeurs les plus sensibles aux taux d’intérêt, tandis que le Nasdaq a au contraire progressé grâce au rebond des semi-conducteurs. Cette divergence traduit un marché qui reste sélectif, privilégiant les grandes valeurs technologiques aux bilans solides plutôt que les secteurs plus cycliques, dans un contexte dominé par la décision de politique monétaire de la Réserve fédérale.
La Fed relève ses taux pour la première fois depuis 2023
Mercredi, la banque centrale américaine a voté à l’unanimité une hausse de 25 points de base, portant son taux directeur à une fourchette de 3,75% à 4%.
Cette décision, largement anticipée par le marché, répond à une inflation jugée encore trop élevée, alimentée en grande partie par la flambée des prix de l’énergie de ces dernières semaines. Les projections mises à jour montrent qu’une large majorité de responsables de la Fed envisage encore une hausse supplémentaire d’ici la fin de l’année.
Le risque ici est de voir la FED trop monter ses taux et casser la croissance du cycle économique, ce qui pourrait entraîner une récession et donc une baisse des marchés. Même s’il faut suivre ce point avec attention, à notre avis nous sommes encore loin de ce niveau, en effet le cycle est toujours solide et les CAPEX (dépenses d’investissement) des grandes sociétés technologiques viennent fortement soutenir la croissance et ce n’est pas cette hausse des taux qui va empêcher ces sociétés d’investir massivement.
Nous sommes très sceptiques à propos de cette hausse de taux qui ne fait pas de sens suite à un choc d’offre du pétrole. Monter les taux ne va pas permettre de résoudre les problèmes d’approvisionnement. Le seul aspect positif est que si la FED poursuit ses hausses de taux, alors Donald Trump n’aura peut-être plus d’autre choix que de mettre fin à l’escalade au Moyen-Orient s’il ne veut pas subir une récession. C’est cependant une perspective bien lointaine et spéculative, nous n’essayons pas de prédire l’avenir, simplement de nous positionner pour nous en tirer le mieux possible quel que soit le scénario.
Géopolitique : du bien et du moins bien
Après avoir grimpé jusqu’à 111 dollars le baril de Brent en tout début de semaine suite à une attaque contre l’oléoduc « East-West » saoudien et à la suspension des chargements au terminal de Yanbu, le pétrole a reculé trois séances de suite pour finir la semaine autour de 104 dollars :
Ce repli s’explique par l’annonce de l’Arabie saoudite de rétablir une partie de sa capacité d’exportation dans les prochains jours et par la mise en place de solutions de contournement pour continuer à livrer son brut.
Cependant ce calme n’est que relatif : l’armateur CMA CGM a par exemple annoncé cette semaine la mise en place d’une « surcharge carburant d’urgence », c’est-à-dire des frais supplémentaires facturés à ses clients en plus du prix normal du transport, pour compenser la hausse durable du coût du fioul marin. Cette mesure, qui entrera en vigueur le 1er octobre, montre que même si le prix du pétrole a un peu baissé cette semaine, les entreprises du secteur du transport maritime continuent d’anticiper des coûts élevés sur la durée, preuve que la tension reste bien réelle sur le fond.
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