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Newsletter de la semaine du 05 octobre 2026

Semaine du 5 octobre 2026

Performance du marché

Le S&P 500 (indice des 500 plus grandes entreprises américaines) termine la semaine en hausse de 1,06 %, au terme d’une séquence heurtée. L’indice a inscrit un record mardi, à 7 844,52 points, avant de refluer lorsque la tension sur le marché obligataire a poussé le rendement à dix ans vers son plus haut niveau depuis 2002.

Sous cette hausse apparente de l’indice, la rotation est franche. L’immobilier gagne 1,85 % et la santé 1,48 %, quand la technologie cède 0,52 % et que l’indice des semi-conducteurs recule de 4,30 %. Autrement dit, le marché monte sans ses moteurs habituels, ce qui mérite attention et démontre que, contrairement à ce que l’on entend souvent, l’économie américaine ne tourne pas uniquement grâce à l’IA .

Actualité des marchés

Ormuz : neuf pétroliers attaqués en une semaine

Nous suivons ce dossier depuis plusieurs numéros, et la situation s’est encore durcie. Neuf navires ont été attaqués dans le détroit d’Ormuz et alentour sur la semaine écoulée. Les volumes transitant par le détroit sont tombés à 9,5 millions de barils par jour, soit environ 30 % sous le niveau d’avant-guerre. (source CNBC)

Cette semaine le Brent est resté au-dessus des 100 dollars, il termine la semaine en hausse de 3,45 %. Un ouragan menaçant la production du golfe du Mexique a ajouté sa part de tension au marché.

À notre avis, la libération des réserves du G7 évoquée la semaine dernière n’a pas changé la donne. Pire, elle la renforce : ces barils, il faudra bien les racheter. Notre lecture se confirme donc, il s’agit d’un pansement et non d’une solution.Tant que le détroit fonctionne à deux tiers de sa capacité, le prix du baril reste suspendu à des décisions militaires plutôt qu’à l’équilibre entre l’offre et la demande. Nous tenons en outre à vous rappeler que, même une fois le détroit rouvert pour de bon, il resterait les réserves stratégiques à remplir, en plus de la consommation quotidienne à alimenter. Un calcul simple donne l’envergure de cette demande.

Il manque aujourd’hui 431 millions de barils à la réserve stratégique américaine. Un VLCC, pour very large crude carrier, est le plus grand pétrolier en service courant : un navire de plus de 330 mètres qui transporte environ 2 millions de barils. Combler ce déficit demanderait 216 supertankers pleins, soit plus d’un quart de la flotte mondiale, qui compte environ 800 navires de cette taille. Même pour revenir au seul niveau de fin février, avant les libérations de mars, il en faudrait encore 66. À titre de comparaison, les États-Unis consomment 20,1 millions de barils par jour, l’équivalent de dix de ces navires quotidiennement.

Dans cette logique d’offre contrainte, les prix devraient donc rester élevés à moyen terme. Dans ce contexte, notre exposition à l’énergie garde tout son sens.

Les taux longs, encore eux

Le rendement à dix ans américain a touché 5,3645 % en séance, son plus haut depuis 2002, avant de se détendre vers 5,23 % en fin de semaine. Cette accalmie doit beaucoup à une adjudication solide mercredi, c’est-à-dire une vente aux enchères de dette nouvelle qui a trouvé preneur sans difficulté, rassurant sur l’appétit des investisseurs pour les obligations américaines.

Du côté de la banque centrale, le marché anticipe désormais un statu quo en octobre, avec environ 78 % de probabilité, puis une hausse en décembre, autour de 69 %. Les comptes rendus de la réunion de septembre confirment qu’une majorité de membres attend encore une hausse d’ici la fin de l’année.

À notre avis, rien ne contredit ce que nous écrivions dans le rapport mensuel. La pression sur les taux longs vient d’un déséquilibre entre une offre de dette massive et une demande qui peine à suivre, non d’une crainte de récession. Le répit de cette semaine tient à une seule adjudication réussie, ce qui est précisément le signe d’un marché devenu dépendant de la bonne tenue de chaque émission.

Le chiffre mal interprété

Jeudi, l’indice des semi-conducteurs a perdu 3,7 % en une séance. Oracle a cédé plus de 5 %, AMD près de 4 %, Nvidia près de 3 %.

Cette baisse a eu lieu suite à la publication d’un article du Financial Times qui a révélé jeudi que le chiffre d’affaires annualisé d’OpenAI s’établissait à environ 50 milliards de dollars fin septembre. Le marché prévoyait 70 milliards depuis des semaines. C’est cet écart de 20 milliards qui a engendré la forte baisse de jeudi.

Pourquoi ces 20 milliards comptent ?

Parce que OpenAI n’est pas une entreprise parmi d’autres : c’est le client final supposé d’une chaîne entière d’investissements. Le raisonnement qui soutient le secteur fonctionne ainsi. OpenAI commande de la puissance de calcul. Des fournisseurs d’infrastructure empruntent pour construire les centres de données qui l’abriteront. Ces centres achètent des processeurs à Nvidia, de la mémoire à Micron, des composants optiques à Applied Optoelectronics. Chaque maillon dimensionne ses capacités, et souvent sa dette, sur la demande attendue du maillon précédent.

Tout cet édifice repose sur une hypothèse : que OpenAI aura les revenus pour payer. Quand ce revenu passe de 70 à 50 milliards, ce n’est pas une ligne de tableur qui bouge, c’est la base de calcul de milliards d’investissements déjà engagés. Les délais de rentabilité s’allongent, et chaque maillon de la chaîne voit son équation se dégrader en même temps. Oracle, qui a engagé des capacités considérables pour OpenAI, a perdu plus de 5 % dans la journée, davantage que les fabricants de puces eux-mêmes.

Un “faux” écart !

Cette panique a été engendrée en fait par de simples méthodes de comptabilisation différentes entre Anthropic et OpenAI !

En effet, ces deux sociétés sont aujourd’hui très regardées, et bon nombre d’analystes cherchent à les comparer. Le problème est qu’elles n’utilisent pas la même méthode de comptabilisation du chiffre d’affaires. Anthropic intègre dans son chiffre d’affaires les ventes passant par ses partenaires, Amazon et Google, quand OpenAI ne retient que sa part propre, rendant la comparaison impossible sans effectuer des retraitements.

Pour obtenir une base comparable, des investisseurs ont donc appliqué la méthode d’Anthropic aux revenus de OpenAI, et sont arrivés à 70 milliards. Ce chiffre, qu’OpenAI n’a jamais communiqué, a ensuite circulé de rapport en rapport en perdant en route l’avertissement qui expliquait le retraitement.

Les investisseurs ont finalement compris l’origine de l’erreur et ont pu retrouver le chiffre d’affaires “comparable” d’OpenAI de 70 milliards. La panique a donc été créée par une simple erreur d’interprétation.

Le point à retenir

Ce genre d’évènements arrivent régulièrement sur les marchés et peuvent pousser les investisseurs mal préparés à commettre de graves erreurs : vendre jeudi sur cette actualité aurait fait rater à l’investisseur trop soumis à ses émotions le rebond de vendredi, il aura vendu au plus bas et racheté plus haut. Ce sont plusieurs points perdus qui comptent pour la performance à la fin de l’année, surtout en cas de récidive.

La seule solution pour ne pas tomber dans ces pièges est d’avoir la conviction suffisante dans vos sociétés qui va vous permettre de tenir même lors des mauvais jours. Cette conviction s’obtient uniquement par l’expérience et la connaissance des sociétés dans lesquelles vous investissez. C’est pourquoi vous trouverez dans votre espace membre les dossiers complets d’analyse des sociétés dans lesquelles nous investissons.

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